OPINION : Un remède à 2 millions d’euros vs une vie entière de traitements
Quel est le véritable coût d’un remède ?
En médecine moderne, on pose rarement cette question.
On célèbre l’innovation, les avancées scientifiques, les nouvelles molécules… mais on entretient souvent une confusion majeure : guérir une maladie versus la gérer à vie.
Un remède met fin à l’histoire.
La majorité des traitements la rendent simplement compatible avec le quotidien.
Les vrais remèdes existent — mais ils restent exceptionnels
Contrairement à ce que l’on pense, les remèdes « définitifs » existent.
Ces dernières années, certaines thérapies géniques comme Zolgensma (amyotrophie spinale) ou Luxturna (certaines maladies génétiques de la rétine) ont montré qu’en corrigeant la cause biologique à la racine, on pouvait modifier radicalement l’évolution d’une maladie — parfois après une seule intervention.
Leur coût est vertigineux — autour de 2 millions d’euros pour Zolgensma, près d’un million pour Luxturna — mais biologiquement, elles font quelque chose de rare : elles suppriment le besoin d’un traitement à vie.
(Autorisations de mise sur le marché entre 2017 et 2019 ; études de suivi publiées montrant des bénéfices durables chez de nombreux patients.)
Le modèle dominant : le suivi chronique
À l’inverse, la médecine actuelle repose majoritairement sur la prise en charge au long cours.
Les exemples sont partout :
Diabète de type 2 : metformine, analogues du GLP-1, insuline — souvent intensifiés, rarement arrêtés
Hypertension artérielle : traitements quotidiens pris pendant des décennies
Hypercholestérolémie : statines prescrites sans horizon de fin
Maladies auto-immunes : biothérapies et immunosuppresseurs nécessitant injections ou perfusions régulières
Dépression, anxiété : antidépresseurs souvent poursuivis sur le long terme
Ostéoporose : traitements anti-résorptifs parfois pris pendant toute la vie
Ces médicaments sont parfois indispensables, parfois salvateurs.
Mais ils contrôlent la maladie — ils ne la font pas disparaître.
Et dès qu’on les arrête, les symptômes ou la pathologie réapparaissent fréquemment.
Même dans l’infectieux, la guérison reste l’exception
Même dans le domaine des maladies infectieuses, pourtant historiquement performant, la différence est frappante.
L’hépatite C fait figure d’exception moderne : des traitements antiviraux courts permettent aujourd’hui d’éliminer totalement le virus, sans traitement ultérieur.
Mais ce cas reste rare.
Pourquoi guérit-on si peu ?
La biologie est la première réponse.
Les remèdes « one-shot » fonctionnent surtout quand une maladie repose sur une cause unique clairement identifiable, comme une anomalie génétique précise.
Or, la majorité des maladies chroniques sont multifactorielles : génétique, alimentation, environnement, inflammation chronique, stress, dérèglements métaboliques, expositions cumulées.
Il n’existe pas de bouton magique à enclencher.
L’économie entre aussi en jeu.
Un traitement administré une seule fois doit intégrer dans son prix des années de recherche, d’essais cliniques ratés et de risques industriels.
Un médicament pris chaque jour étale ce coût dans le temps — et s’inscrit dans un système de santé largement structuré autour du suivi chronique.
Ce n’est pas un complot.
C’est une réalité structurelle.
Mon point de vue : réduire la charge biologique
Du point de vue du biohacking, cette distinction est fondamentale.
En attendant des remèdes définitifs pour les maladies chroniques complexes, le levier le plus puissant aujourd’hui est la réduction de la charge biologique.
Diminuer l’inflammation, limiter l’exposition aux toxines, améliorer la flexibilité métabolique, soutenir les mitochondries, restaurer les rythmes circadiens et l’équilibre hormonal ne « guérissent » pas une maladie au sens médical strict — mais ces approches réduisent souvent la dépendance aux traitements, ralentissent le vieillissement biologique et améliorent la trajectoire de santé.
Autrement dit :
👉 la médecine gère la maladie,
👉 le biohacking et la médecine fonctionnel travaillent sur le terrain.
Vers une médecine plus intelligente
L’avenir de la santé ne sera probablement ni tout médical, ni tout alternatif.
Il se situera entre les deux : des interventions médicales ciblées quand elles sont nécessaires, combinées à une réduction active du bruit biologique qui maintient le corps dans un état de dysfonctionnement chronique.
Car au final, le traitement le plus coûteux n’est pas toujours celui dont le prix est le plus élevé au départ — c’est celui que l’on doit prendre tous les jours, pendant toute une vie.
Valérie Orsoni
Biohacker depuis 1998 et Experte en Longévité
Autrice 55 ouvrages, traduits en 5 langues
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IG @valerieorsoni
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