Depuis plus de trente ans, les statines sont prescrites massivement comme traitement de première intention pour réduire le cholestérol et prévenir l’infarctus du myocarde. La grande majorité des médecins continue de les considérer comme un pilier incontournable de la prévention cardiovasculaire.
Pourtant, de nombreux chercheurs, médecins et scientifiques contestent ce dogme.
Parmi eux, Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS, qui a publié dès 2007 un livre choc : Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament (Thierry Souccar Éditions).
Dans cet ouvrage et dans ses travaux ultérieurs, il démonte les arguments en faveur des statines et s’appuie sur une relecture minutieuse des données scientifiques disponibles.
Alors, a-t-il raison ou tort ? Que disent les autres experts…Démêlons le vrai du faux.
Cholestérol : coupable idéal ou fausse piste ?
Pour Michel de Lorgeril, le cœur du problème est simple : ce n’est pas le cholestérol qui bouche l’artère, mais bien le caillot sanguin (thrombose), souvent conséquence d’une inflammation chronique.
Les plaques d’athérosclérose sont majoritairement constituées de tissu cicatriciel, et le cholestérol n’y joue qu’un rôle secondaire.
Il souligne aussi l’ethnocentrisme des études : la majorité des données reliant cholestérol et mortalité provient d’hommes américains de moins de 55 ans, extrapolées à toutes les populations — femmes, personnes âgées, Japonais, Méditerranéens — alors que la corrélation est faible, voire absente dans certains contextes.
Des essais cliniques loin d’être unanimes
Si certaines grandes études (comme 4S en Scandinavie) ont montré une réduction de la mortalité sous statine, de nombreuses autres sont beaucoup moins convaincantes :
IDEAL : pas de différence de mortalité coronaire malgré une baisse plus importante du cholestérol.
MIRACL, A to Z, TNT : baisse d’infarctus non fatals, mais pas de mortalité cardiovasculaire.
CARE : idem, baisse des infarctus, pas des décès.
PROSPER : augmentation du risque de cancer chez les personnes âgées.
SPARCL : bénéfice limité dans les AVC.
CARDS, ASCOT, 4D, ASPEN : résultats fragiles, voire contestés.
Michel de Lorgeril rappelle aussi que la prévention nutritionnelle, testée dans l’étude Lyon Heart Study (régime méditerranéen + oméga-3), a obtenu de meilleurs résultats que n’importe quelle statine : baisse significative de la mortalité et des récidives d’infarctus, sans effets secondaires.
Les nouveaux signaux d’alerte : métabolisme, GLP-1 et diabète
Les recherches récentes vont dans le sens d’une prudence accrue. Plusieurs études montrent que :
Les statines peuvent faire chuter les niveaux de GLP-1, une hormone clé qui régule la glycémie et favorise la satiété, créant ainsi un terrain favorable à la résistance à l’insuline et au diabète de type 2 (Cell Metabolism, 2024).
Le risque de diabète de novo est désormais reconnu, surtout avec les statines les plus puissantes (rosuvastatine, atorvastatine).
Certaines statines, comme la simvastatine, semblent freiner l’adaptation à l’entraînement en réduisant la biogenèse mitochondriale (JACC, 2013).
Myalgies et CoQ10 : un problème de mitochondries
L’inhibition de l’HMG-CoA réductase par les statines réduit aussi la production de Coenzyme Q10, essentielle au fonctionnement mitochondrial. Cela expliquerait les douleurs musculaires rapportées par certains patients (SAMS). Plusieurs études indiquent que la supplémentation en ubiquinol (CoQ10) pourrait atténuer ces symptômes (Revue 2022).
Mes chiffres et l’étude japonaise qui a fait du bruit
Personnellement, mon cholestérol total est d’environ 240 mg/dL, mais avec un ratio excellent — 1/3 de LDL et 2/3 de HDL.
C’est précisément pour cette raison que je n’ai aucune envie de faire baisser artificiellement mon cholestérol.
D’ailleurs, une vaste étude japonaise — le J-LIT trial (Japan Circ J, 2002) — a montré que des hommes ayant un cholestérol total de seulement 180 mg/dL présentaient un risque significativement plus élevé de décès cardiovasculaire.
Cela suggère que se focaliser uniquement sur la baisse du cholestérol, sans tenir compte du contexte métabolique global, peut être trompeur, voire potentiellement dangereux.
Les différents types de statines
En fait, nous parlons souvent de “statines” mais cela regroupe plusieurs types de produits bien différents :
1. Simvastatine
Type : Statine lipophile (pénètre facilement dans les tissus, y compris le muscle).
Particularité : Anciennement très prescrite, souvent à dose modérée.
Risques : Plus associée aux myalgies et aux interactions médicamenteuses.
Exemple commercial : Zocor®.
2. Atorvastatine
Type : Statine lipophile.
Puissance : Forte capacité à baisser le LDL (jusqu’à –60%).
Risques : Signal non négligeable d’augmentation du diabète de novo à forte dose.
Exemple commercial : Tahor®, Lipitor®.
3. Rosuvastatine
Type : Statine hydrophile (agit plus spécifiquement sur le foie, moins de diffusion musculaire).
Puissance : Une des plus puissantes, réduction du LDL > –60%.
Risques : Diabète de novo documenté, troubles digestifs possibles.
Exemple commercial : Crestor®.
4. Pravastatine
Type : Statine hydrophile.
Particularité : Métabolisme différent (moins d’interactions médicamenteuses).
Profil : Considérée comme moins diabétogène et mieux tolérée musculairement, mais efficacité modérée.
Exemple commercial : Elisor®, Pravachol®.
5. Fluvastatine
Type : Statine lipophile.
Puissance : Faible à modérée (réduction LDL < –35%).
Profil : Moins utilisée car efficacité inférieure, mais tolérance correcte.
Exemple commercial : Lescol®.
6. Pitavastatine
Type : Statine lipophile/hydrophile intermédiaire.
Particularité : Moins connue, mais certains travaux suggèrent un risque moindre de diabète comparé aux autres statines.
Disponibilité : Rare en Europe, plus utilisée au Japon et aux États-Unis (Livalo®).
Points clés à retenir
Lipophiles (simvastatine, atorvastatine, fluvastatine) → diffusent davantage dans les muscles → plus de myalgies possibles.
Hydrophiles (rosuvastatine, pravastatine) → ciblent plutôt le foie → parfois mieux tolérées musculairement.
Puissantes : atorvastatine, rosuvastatine.
Plus douces : pravastatine, fluvastatine.
Controverses : le risque de diabète de novo semble plus marqué avec atorvastatine et rosuvastatine.
Une prévention trop élargie ?
Selon de Lorgeril, et même si je ne suis pas médecin, je suis d’accord avec lui, la seule population qui pourrait véritablement bénéficier des statines est celle souffrant d’hypercholestérolémie familiale maligne — soit une personne sur un million. Bien loin des millions de prescriptions actuelles.
Ma conclusion
La vaste majorité du corps médical continue d’affirmer que les statines sont un pilier de la prévention cardiovasculaire. Mais après avoir étudié de près la littérature scientifique et lu des ouvrages comme Statines, attention danger ! de Michel de Lorgeril, je ne partage pas cet avis.
Les signaux d’alerte s’accumulent : impact sur le GLP-1, augmentation du risque de diabète, altération de la fonction mitochondriale, bénéfices parfois modestes et incertains selon les études.
Plutôt que de vous focaliser sur le cholestérol, je vous encourage à investir dans ce qui a démontré des résultats solides :
Un mode de vie méditerranéen (alimentation anti-inflammatoire riche en végétaux, oméga-3, huile d’olive, peu de sucres raffinés). Mon programme Keto Smart disponible sur LeBootCamp.FIT est totalement adapté à une alimentation de gestion de la cholestérolémie
L’arrêt du tabac.
Un sommeil réparateur et la gestion du stress.
Une activité physique quotidienne adaptée et régulière comme avec mes programme Fit Chez Moi
Les vraies clés de la prévention sont là : dans l’hygiène de vie, l’équilibre, et la redécouverte d’un mode de vie protecteur pour le cœur.
À votre santé !
Valérie Orsoni
Biohacker depuis 1998 et Experte en Longévité
Autrice 55 ouvrages, traduits en 5 langues
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IG @valerieorsoni
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Merci pour cette alerte !